
Le 11-Septembre a durablement marqué la création contemporaine, des romanciers aux cinéastes en passant par les documentaristes et les musiciens. Cette sélection réunit des œuvres françaises et internationales qui, chacune à leur manière, ont cherché à représenter l'événement, à en interroger les images ou à en transmettre la mémoire, de la fiction littéraire aux reconstitutions à l'écran jusqu'aux hommages en chanson. Elle donne à voir la diversité des regards portés sur cette journée, vingt-cinq ans après les faits.

Ce roman adopte le point de vue d'un des kamikazes du 11-Septembre, dont il retrace les dernières heures avant l'attentat, errant dans les rues de Boston avant d'embarquer dans l'avion qui percutera l'une des tours du World Trade Center. Salim Bachi y explore la psychologie et les motivations d'un terroriste, disséquant les mécanismes de radicalisation et d'aliénation à l'œuvre. Ce livre, salué par la critique à sa parution, a également suscité des controverses, certains y voyant une tentative risquée de donner voix à l'auteur de l'attentat.

Ce roman croise deux récits parallèles : celui d'une famille américaine prise au piège dans le restaurant Windows on the World, au sommet de la tour nord du World Trade Center, le matin du 11 septembre 2001, et celui d'un narrateur français qui tente, depuis Paris, d'écrire sur cet événement qu'il n'a pas vécu. Frédéric Beigbeder y interroge les limites de la fiction face à une tragédie réelle, mêlant reconstitution minute par minute et réflexion sur l'écriture elle-même. Le livre a reçu le prix Interallié en 2003.

Ce roman suit Keith Neudecker, rescapé du World Trade Center, dans les mois qui suivent les attentats, alors qu'il tente de renouer avec son ex-femme Lianne et leur fils. En toile de fond apparaît un performeur surnommé « Falling Man », qui rejoue en public la chute d'un homme depuis les tours, ravivant le traumatisme collectif. Don DeLillo y explore, par fragments, les effets du 11-Septembre sur la mémoire, le couple et le rapport au temps.

11 septembre 2001, Luc Lang est aux États-Unis, dans le fin fond du Montana, à la recherche des Indiens Blackfeet. Hébergé dans la réserve de Browning, il découvre à la télévision les images des Twin towers percutées par les avions. Parti sur les traces des Indiens, c'est finalement une Amérique en état de choc qu'il trouve au rendez-vous. Une Amérique blessée, meurtrie, mais aussi une Amérique fourbissant ses armes et construisant sa vengeance. Ce livre est le récit de cette semaine vécue au cœur de l'Histoire.

Ce roman choral prend pour point de départ la traversée du funambule Philippe Petit entre les tours jumelles du World Trade Center, le 7 août 1974, pour tisser les destins croisés d'un prêtre irlandais, de prostituées du Bronx et de parents endeuillés par la guerre du Vietnam. Publié en 2009, soit après les attentats du 11-Septembre, le livre confère rétrospectivement aux Twin Towers une dimension symbolique et fragile. Il a valu à Colum McCann le National Book Award.

Dans le New York de l'après-11-Septembre, Hans van den Broek, analyste financier néerlandais abandonné par sa femme, trouve refuge dans la pratique du cricket, sport en marge pratiqué par une communauté d'immigrés. Sa amitié avec Chuck Ramkissoon, homme d'affaires trinidadien aux plans grandioses, lui ouvre les portes d'un New York interlope et multiculturel, loin des tours de bureaux. Le roman a notamment été salué par Barack Obama.

Un an après la mort de son père dans les attentats du World Trade Center, le jeune Oskar Schell, neuf ans, découvre une clé parmi ses affaires. Persuadé qu'elle recèle un dernier message paternel, il part à la recherche de la serrure correspondante à travers les cinq arrondissements de New York. Ce roman mêle quête initiatique, deuil enfantin et expérimentations typographiques.

Dans l'Amérique de l'après-11-Septembre, Ahmad Mulloy, lycéen de dix-huit ans né d'une mère irlando-américaine et d'un père égyptien absent, se tourne vers un islam radical sous l'influence d'un imam local. Seul son conseiller d'orientation, Jack Levy, perçoit le danger et tente de l'en détourner avant qu'il ne soit happé par un attentat en préparation. John Updike y dresse le portrait d'une Amérique déstabilisée face à la radicalisation islamiste.

Un film qui reconstitue le détournement du vol United 93 presque en temps réel.

Un film sur l’histoire vraie de deux policiers piégés sous les décombres des tours et sauvés par les secouristes.

Adapté du roman de Jonathan Safran Foer, le film suit un jeune garçon tente de faire son deuil après avoir perdu son père dans les attentats.

Une série télévisée en huit saisons qui suit les conséquences géopolitiques des attentats du 11-Septembre à travers une agente de la CIA.

Adaptée du livre de Lawrence Wright, la mini-série de dix épisodes raconte la rivalité entre la CIA et le FBI avant les attentats.

Un film qui retrace les vicissitudes du fonds d'indemnisation des victimes du 11-Septembre
Les seules images filmées du premier impact et de l'intérieur de la tour nord avec les pompiers de New York dans le cadre d’un documentaire tourné alors sur leur métier.
Le documentaire retrace l’histoire de la célèbre et controversée photographie du reporter Richard Drew montrant un homme chutant de la Tour Nord du World Trade Center – une manière d’explorer la mémoire collective, le deuil et les dilemmes éthiques liées à la représentation publique de la mort.
En collaboration avec le mémorial du 11 septembre et National Geographic, cette série en six épisodes retrace dans les moindres détails cette journée traumatique à partir d’images d’archives et de témoignages inédits 20 ans après les événements. Un des récits les plus puissants et les plus émouvants jamais réalisés sur ces attentats.
Un documentaire en français diffusé sur Public Sénat à l’occasion des commémorations des vingt ans du 11-Septembre.
Un documentaire qui suit les enfants nés après la mort de leur père le 11 septembre 2001 ou comment réfléchir au statut d’orphelin, vingt ans après les attaques terroristes.
Deux séries qui suivent la « guerre contre le terrorisme » lancée après les attaques du 11-Septembre et les commémorations des 25 ans, à hauteur de rescapés, d’orphelins et de personnalités publiques.
Un reportage en français sur les traumatismes physiques et psychologiques des rescapés du 11-Septembre, encore endurés 20 ans après.

Le 11 septembre 2001, quelques instants après l'attaque du World Trade Center, Bruce Springsteen, qui réside dans le New Jersey, se rend sur une plage proche de son domicile pour observer à distance le chaos touchant la ville qu'il chante depuis près de quarante ans. Un passant l'y reconnaît et l'interpelle : « Bruce, we need you ». Cet échange bref marquera durablement l'artiste, alors considéré comme l'un des principaux chroniqueurs de la société américaine et porte-parole de sa classe populaire.
De retour chez lui après cette rencontre, Springsteen compose rapidement plusieurs chansons inspirées par les attentats. Il s'agit de la première fois, dans sa discographie, qu'il consacre une part importante d'un album à un événement précis, abordé non plus seulement en observateur américain, mais aussi dans une perspective plus large, ouverte sur le monde.
L'album The Rising paraît le 30 juillet 2002. Il rassemble des titres tels que Into the Fire, Empty Sky, Worlds Apart, You're Missing, The Rising ou My City of Ruins, qui abordent l'événement sous des angles variés : l'hommage aux pompiers de New York, la violence de l'absence, la ville new-yorkaise marquée par la destruction de l'un de ses symboles, la quête de résilience et le rapprochement entre les peuples. Sur le titre Worlds Apart, Springsteen intègre pour la première fois des sonorités orientales, avec la participation du chanteur qawwali pakistanais Asif Ali Khan.

Le 11 septembre 2001, Paul McCartney se trouvait à New York et a été témoin des attentats contre les Twin Towers. Bouleversé, il compose rapidement Freedom, une chanson qui proclame le droit à la liberté comme un combat à mener et célèbre l’unité face à l’adversité. La chanson, interprétée pour la première fois lors du Concert for New York City le 20 octobre 2001, figure sur l'album Driving Rain.

Where Were You (When the World Stopped Turning) a été écrite par Alan Jackson dans les semaines suivant les attentats. Présentée pour la première fois aux Country Music Association Awards le 7 novembre 2001, puis publiée en single la même année sur l'album Drive (2002), elle interroge chacun sur ce qu'il faisait et ressentait ce jour-là. La chanson a reçu le Grammy Award de la meilleure chanson country ainsi que les prix de chanson de l'année de la CMA et de l'ACM.

Let's Roll, écrite et publiée en single par Neil Young en décembre 2001, rend hommage à Todd Beamer et aux autres passagers du vol United Airlines 93, qui tentèrent de reprendre le contrôle de l'avion avant qu'il ne s'écrase en Pennsylvanie. La chanson figure ensuite sur l'album Are You Passionate? (2002). Composée dans l'urgence, elle reprend le cri de ralliement attribué à Beamer juste avant l'intervention des passagers.

Interprétée par Renaud et Axelle Red en 2002 sur l'album Boucan d'enfer, La chanson met en parallèle le destin d'une victime des attentats du 11 septembre à New York et celui d'une fillette afghane prise dans la guerre qui a suivi. Portée par le duo, la chanson relie deux tragédies éloignées géographiquement mais unies par une même violence. Elle demeure, vingt ans après sa sortie, l'une des chansons françaises les plus associées au 11-Septembre.

Présente sur l'album Le Face-à-Face des cœurs (2004), cette chanson est le témoignage d'Abd Al Malik sur le lendemain des attentats du 11 septembre et sur l'amalgame qui a eu lieu par la suite, en Occident, entre musulman et terroriste. Le rappeur y livre une réflexion personnelle et spirituelle sur le monde d'après avec la question du sens face à la violence.

On That Day, sur l'album Dear Heather (2004), est la réponse directe de Leonard Cohen aux attentats du 11 septembre 2001. La chanson adopte un ton interrogateur plutôt que narratif, s'achevant sur une question posée à l'auditeur sur sa propre réaction à l'événement. Composée trois ans après les faits, elle témoigne d'un regard plus distancié que celui des œuvres écrites à chaud.

Lors du Super Bowl du 3 février 2002, U2 a interprété Where the Streets Have No Name (un titre de 1987, antérieur aux attentats) en clôture de son show de mi-temps. Pendant l'exécution du morceau, les noms des 2 977 victimes du 11 septembre défilaient à l'écran derrière le groupe, avant que Bono ne révèle un drapeau américain cousu à l'intérieur de sa veste. Ce moment, resté l'un des hommages télévisés les plus marquants aux victimes, a durablement associé la chanson à la mémoire du 11-Septembre sans qu'elle ait été écrite à ce sujet.