Start of main content
Portrait en aquarelle de Samuel Paty

Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty

updated on
19th March 2026

​Dessiner le procès

Pendant cinq semaines, du 26 janvier au 2 mars 2026, la cour d'assises spéciale de Paris a tenu le procès en appel de quatre hommes jugés pour leur rôle dans l'assassinat de Samuel Paty.

Claire Sécail est historienne des médias, chargée de recherche CNRS (CERLIS, UMR 8070) et conseillère scientifique du GIP MMT. C’est une aussi une aquarelliste de talent qui a choisi de rendre compte du déroulement de l’audience par le dessin.

Spécialiste des représentations médiatiques du crime et du terrorisme, elle travaille depuis des années à l'intersection de l'histoire judiciaire, de la médiatisation de la violence et des dynamiques politiques des médias français. Le procès Paty se situait au cœur de ses domaines de recherche : un événement à la fois terroriste, scolaire, médiatique et politique, dont les audiences en appel rejouaient des enjeux profonds autour de la liberté d'expression, de la responsabilité pénale du discours de haine en ligne, et de la protection de l'école républicaine.

S’inscrivant dans la tradition des dessinateurs d'audience, Claire Sécail a néanmoins une posture propre : celle d'une chercheuse qui observe, analyse et souhaite documenter un procès en appel qui, contrairement au procès de première instance, n’est pas filmé et archivé pour l’histoire. Chaque jour d'audience, elle a pris son carnet pour retranscrire les verbatims et crayonné les scènes du prétoire — les accusés au box, les avocats en robe, les témoins à la barre, la présidente de la cour, les familles dans la salle. Ces dessins ne cherchent pas à reproduire fidèlement les physionomies. Ils saisissent une atmosphère, une tension, un geste, une posture révélatrice en cherchant à restituer la teneur des débats. Ils donnent à voir ce que le compte rendu journalistique, aussi précis soit-il, ne peut qu'évoquer.

C'est sur son compte Bluesky que Claire Sécail a partagé au quotidien ses dessins accompagnés de commentaires analytiques. Une démarche originale qui rappelle que la mémoire des actes terroristes ne se construit pas seulement dans l'immédiateté de l'événement, mais aussi — et peut-être surtout — dans le long travail judiciaire qui lui fait suite. Elle montre qu'un chercheur peut être présent dans l'espace public sans renoncer à la rigueur, et que des formes d'expression non conventionnelles — le dessin, le réseau social — peuvent servir une exigence de transmission aussi forte que celle du livre ou de l'article scientifique.

Elle invite aussi à réfléchir à la place du regard dans la mémoire judiciaire : qu'est-ce que voir un procès ? Qu'est-ce que le donner à voir ? Comment les représentations visuelles d'une audience contribuent-elles à ancrer l'événement dans la conscience collective ?

Ces aquarelles seront versées aux collections du Musée-mémorial du terrorisme.

Voir sur Bluesky

Aquarelle de la salle de la Cour d'assise spéciale représentant les bancs des parties civiles et de la défense au premier plan et le public au second plan
Le public
Aquarelle représentant un officier de la SDAT à la barre des témoins avec reproduction de verbatims
Témoin de contexte SDAT 287
Aquarelle des avocates générales interrogeant un témoin
Interrogatoire d'un témoin par les avocates générales
Aquarelle représentant une avocate de la partie civile lors de sa plaidoirie avec reproduction de verbatims
Plaidoirie d'une partie civile
Aquarelle d'un avocat de la défense lors de sa plaidoirie avec reproduction de verbatims
Plaidoirie de la défense