Portrait en aquarelle de Samuel Paty
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Le procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty


 

Dessiner le procès

Pendant cinq semaines, du 26 janvier au 2 mars 2026, la cour d'assises spéciale de Paris a tenu le procès en appel de quatre hommes jugés pour leur rôle dans l'assassinat de Samuel Paty.

Claire Sécail est historienne des médias, chargée de recherche CNRS (CERLIS, UMR 8070) et conseillère scientifique du GIP MMT. C’est une aussi une aquarelliste de talent qui a choisi de rendre compte du déroulement de l’audience par le dessin.

Spécialiste des représentations médiatiques du crime et du terrorisme, elle travaille depuis des années à l'intersection de l'histoire judiciaire, de la médiatisation de la violence et des dynamiques politiques des médias français. Le procès Paty se situait au cœur de ses domaines de recherche : un événement à la fois terroriste, scolaire, médiatique et politique, dont les audiences en appel rejouaient des enjeux profonds autour de la liberté d'expression, de la responsabilité pénale du discours de haine en ligne, et de la protection de l'école républicaine.

S’inscrivant dans la tradition des dessinateurs d'audience, Claire Sécail a néanmoins une posture propre : celle d'une chercheuse qui observe, analyse et souhaite documenter un procès en appel qui, contrairement au procès de première instance, n’est pas filmé et archivé pour l’histoire. Chaque jour d'audience, elle a pris son carnet pour retranscrire les verbatims et crayonné les scènes du prétoire — les accusés au box, les avocats en robe, les témoins à la barre, la présidente de la cour, les familles dans la salle. Ces dessins ne cherchent pas à reproduire fidèlement les physionomies. Ils saisissent une atmosphère, une tension, un geste, une posture révélatrice en cherchant à restituer la teneur des débats. Ils donnent à voir ce que le compte rendu journalistique, aussi précis soit-il, ne peut qu'évoquer.

C'est sur son compte Bluesky que Claire Sécail a partagé au quotidien ses dessins accompagnés de commentaires analytiques. Une démarche originale qui rappelle que la mémoire des actes terroristes ne se construit pas seulement dans l'immédiateté de l'événement, mais aussi — et peut-être surtout — dans le long travail judiciaire qui lui fait suite. Elle montre qu'un chercheur peut être présent dans l'espace public sans renoncer à la rigueur, et que des formes d'expression non conventionnelles — le dessin, le réseau social — peuvent servir une exigence de transmission aussi forte que celle du livre ou de l'article scientifique.

Elle invite aussi à réfléchir à la place du regard dans la mémoire judiciaire : qu'est-ce que voir un procès ? Qu'est-ce que le donner à voir ? Comment les représentations visuelles d'une audience contribuent-elles à ancrer l'événement dans la conscience collective ?

Ces aquarelles seront versées aux collections du Musée-mémorial du terrorisme.

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Aquarelle de la salle de la Cour d'assise spéciale représentant les bancs des parties civiles et de la défense au premier plan et le public au second plan
Le public
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Captations du colloque « Traces et témoignages : quels récits historiques sur le terrorisme ? »
Bâche du séminaire international 2025 "Traces et témoignages : quels récits historiques sur le terrorisme ?
Captations du colloque « Traces et témoignages : quels récits historiques sur le terrorisme ? »

Le 25 septembre 2025, le MMT organisait au Collège des Bernardins, à Paris, son deuxième séminaire international sur le thème « Traces et témoignages : quels récits historiques sur le terrorisme ? ». Cette journée d’étude qui a rassemblé des chercheurs de différents horizons (histoire, sciences politiques, sociologie, muséographie) mais aussi des praticiens du monde de la justice (magistrats, avocats) ainsi que plusieurs directeurs de musées mémoriaux internationaux a permis de faire un point d’étape sur l’état de la compréhension du phénomène terroriste alors que les ressources pour l’appréhender se multiplient (ressources scientifiques, témoignages lors des procès), et sur la manière d’exposer ce sujet dans les musées.