Paris accueille les directeurs des musées-mémoriaux étrangers dédiés au terrorisme
GIP MMT / Yann La-Bouder
Les 17 et 18 février 2026, la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme (MMT) a réuni à Paris les directeurs du Musée du 11-Septembre à New York (Etats-Unis), du Centre du 22 juillet à Oslo (Norvège), du Oklahoma City National Memorial & Museum (Etats-Unis) et du Centre de la mémoire des victimes du terrorisme à Vitoria-Gasteiz (Espagne), ainsi que des associations françaises de victimes. Ces deux journées ont alterné immersion dans les lieux de mémoire parisiens et échanges approfondis sur les enjeux fondamentaux de nos institutions.
une immersion dans la mémoire parisienne
La première journée a permis aux délégations de découvrir la caserne Lourcine, futur site du MMT, puis le Mémorial des martyrs de la Déportation et le Jardin de la mémoire, en présence notamment d’Arthur Dénouveaux, président de l’association Life for Paris.
trois expériences, un défi commun : construire avec les victimes
La deuxième journée a permis de partager les expériences de chaque institution quant à l'implication des victimes dans ces projets. Cliff Chanin, directeur du musée du 11 Septembre à New York (ouvert en 2014) a rappelé la nécessité de bâtir la confiance dans la durée pour aborder des questions sensibles comme la représentation d'Oussama Ben Laden dans l'exposition. Lena Fahre, directrice du Centre du 22 juillet à Oslo, a décrit le rôle moteur du groupe de soutien (qui compte aujourd’hui plus de 1 800 membres) dans la création du Centre, tout en soulignant les défis générationnels actuels, alors que la Norvège s’apprête à commémorer les 15 ans de ces attaques. Raúl López Romo, responsable pédagogique du Centre de la mémoire des victimes du terrorisme à Vitoria-Gasteiz a résumé la philosophie espagnole en une formule : « le musée travaille avec les victimes, mais pas pour les victimes », à travers des réunions régulières, des programmes pédagogiques coproduits et des expositions co-conçues.
Les échanges ont également porté sur la place du terrorisme dans les programmes scolaires, l'évolution du propos muséographique face au passage du temps, et l'accompagnement psychologique des visiteurs - autant de défis partagés par l'ensemble des institutions représentées.
des échanges d'objets pour tisser le réseau
La rencontre a également porté sur les prêts et dépôts d'artefacts entre les différents musées. Elle a permis d’acter, pour la première fois, le prêt d’une pièce issue des collections du MMT au Centre du 22 juillet en prévision de sa prochaine exposition temporaire : il s’agit d'une robe norvégienne confectionnée par les élèves d’un lycée professionnel francilien pour rendre hommage aux victimes des attentats commis le 22 juillet 2011 à Oslo et Utoya. M. Raul Lopez Romo a également remis en prêt aux équipes du MMT plusieurs objets relatifs au terrorisme basque issus des collections du Centre de la mémoire de Vitoria-Gasteiz. Ces échanges illustrent concrètement la dimension internationale du projet et la volonté de construire une mémoire partagée à travers les collections.
Elisabeth Pelsez, directrice générale de la mission de préfiguration du MMT, a souligné l'importance de cette coopération entre institutions qui, malgré leurs différences culturelles, partagent des défis profondément similaires. Ces rencontres s'inscrivent dans la construction progressive d'un réseau international dont le Musée-mémorial du terrorisme ambitionne de devenir un maillon essentiel.
Déplacement sur les lieux du futur Musée-mémorial du terrorisme à la caserne Lourcine
Le jeudi 29 janvier 2026, les équipes de la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme ont accompagné les membres du Conseil scientifique et culturel ainsi que ceux de l'Observatoire d'orientation et certains représentants des ministères membres fondateurs du GIP sur le site du futur Musée-mémorial du terrorisme qui s’installera à l’horizon 2030 dans une partie inoccupée de la caserne Lourcine, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. Cette visite fait suite à l'annonce du président de la République en novembre 2025, qui a officialisé le choix de ce lieu emblématique pour accueillir le futur établissement.