Le terrorisme est avant tout un mode opératoire qui se caractérise par le recours à une violence extrême. Quelles que soient les époques et les motivations, quelles que soient les idéologies à l’œuvre, l’objectif est de susci ter la peur, de déstabiliser et de créer du chaos. À travers chaque personne touchée, c’est la Nation tout entière qui a été prise pour cible dans la plupart des attentats. Pour garder en mémoire le souvenir des victimes, le Musée-mémorial du terrorisme a choisi de présenter une sélection d’objets. Altérés, déformés ou inachevés, tous témoignent de vies affectées. Tous portent en eux, de façon indélébile, les traces visibles de la violence subie. Ils font partie de notre mémoire collective, car nous sommes tous concernés.
Résister contre le terrorisme dépasse la question sécuritaire. Il s’agit d’un enjeu social, culturel et moral auquel nous devons répondre aussi bien individuellement que collectivement.
Il engage la société dans toute sa diversité, en particulier celles et ceux qui se retrouvent en première ligne : les sapeurs-pompiers de Paris mobilisés le 13 novembre 2015, les forces de l’ordre menant l’assaut contre les groupes terroristes, les journalistes – cibles privilégiées – chargés d’informer dès les premières heures, les personnels navigants confrontés à un détournement, ou encore les enseignants visés parce qu’ils incarnent les valeurs républicaines.
Les objets présentés ici témoignent de cette mobilisation. Si nul n’est à l’abri des effets du terrorisme, la résistance, y compris par le savoir et la culture est décisive : c’est l’objet même du futur Musée-mémorial du terrorisme.
La violence n’est pas l’unique horizon des attentats. Presque toujours, non sans d’immenses difficultés, un chemin de vie se profile après le drame. Une reconstruction, même imparfaite, s’avère possible. Cette résilience des survivants, des rescapés, est un élément essentiel de la mémoire collective, qui passe de plus en plus souvent par la voie de la création artistique.
C’est le street art qui rend hommage aux victimes sur les lieux mêmes d’un attentat.
Ce sont des artistes ayant été eux-mêmes confrontés à la violence terroriste.
Ce sont aussi des victimes ayant trouvé dans la création artistique une voie vers la sortie du traumatisme.
Ce sont des élans de solidarité qui ne connaissent ni frontières, ni différences d’âge.
Nous en offrons ici quelques exemples.
À travers la constitution de ses collections, le Musée-mémorial du terrorisme fait dialoguer l’histoire collective et des histoires personnelles. Dans cette démarche, il collecte des objets liés à des parcours de vie, en prenant soin de recueillir les témoignages qui leur sont liés.
Traces originales, les scellés judiciaires mettent en avant le travail d’enquête réalisé par la justice en vue de la manifestation de la vérité. Les dons des rescapés et des proches des victimes, eux, offrent un regard plus personnel et parfois intime, rappelant la réalité humaine derrière les faits historiques.
Le caractère unique des collections du Musée-mémorial du terrorisme en fera un lieu permettant une forme de distance, où l’acte de conserver des objets assurera la protection d’une trace mémorielle.