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Une politique de mémoire

Le projet s’inscrit dans un dispositif de politiques publiques mises en place par les gouvernements successifs depuis les attentats de 2015 qui a pour objectif la prise en charge de la mémoire des victimes du terrorisme et une meilleure compréhension de cette violence singulière et de ses conséquences.
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Hommage aux victimes du 13 novembre 2015 © Guillaume Bontemps / Ville de Paris

Le projet s’inscrit dans un dispositif de politiques publiques mises en place par les gouvernements successifs depuis les attentats de 2015 qui a pour objectif la prise en charge de la mémoire des victimes du terrorisme et une meilleure compréhension de cette violence singulière et de ses conséquences.

Un attentat terroriste, au même titre que tout acte de violence extrême visant une collectivité constitue un traumatisme potentiel pour chacune des victimes mais aussi pour l’ensemble de la société. Il est donc indispensable de rendre un hommage national à toutes les victimes du terrorisme car à travers elles, c’est la collectivité qui a été visée que ce soit la Nation, la République ou l’État. Et il est fondamental d’offrir au plus large public un espace sensible d’empathie envers les victimes, de pédagogie, de parole, avec sa part d’incertitude, de passion, de conflictualité, de questionnement.

En 2018, un Comité Mémoriel composé de diverses personnalités : historiens, scientifiques, sociologues, philosophes et des représentants des ministères de la Justice, des Armées ou encore de l’Éducation nationale, est mis en place par la Délégation interministérielle à l’aide aux victimes (DIAV) pour mener une réflexion approfondie sur la manière de commémorer les différents attentats terroristes dont la France a été victime. Le Comité publie dans un rapport remis en 2019 14 préconisations qui sont à l'origine du Musée-mémorial du terrorisme :

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Hommage national aux victimes du terrorisme le 19 septembre 2018 © Rachid Azizi
  1. Faire de l’archivage de toute documentation relative aux attentats terroristes une priorité selon la législation en vigueur.

  2. Autoriser l’enregistrement filmé des principaux procès en matière de terrorisme.

  3. Susciter une réflexion sur les conséquences engendrées par la répétition des images diffusées, notamment par les chaînes d’information en continu et développer en milieu scolaire une éducation critique aux médias et aux réseaux-sociaux sur ce thème.

  4. Prendre en compte la question des attentats terroristes dans les futurs programmes scolaires (terminales générales, technologiques et professionnelles) dans une approche géopolitique, multiscalaire (Monde, Europe, France) et pluridisciplinaire dont l’histoire et la géographie seront des composantes essentielles.

  5. Consacrer à Paris un Musée-mémorial aux sociétés à l’épreuve du terrorisme, tout en inscrivant le phénomène dans une perspective mondiale.

  6. Dispenser une formation à des publics ciblés, dans le Musée-mémorial en direction de plusieurs publics, notamment ceux appelés à intervenir à des titres divers dans le domaine du terrorisme : forces de l’ordre, magistrats, corps enseignant, personnel de secours, personnel soignant.

  7. Initier une mission de préfiguration du Musée-mémorial. Elle sera composée, dès son instauration, de trois conseils : mémoriel, scientifique et pédagogique.

  8. Inscrire au sein du Musée-mémorial les noms de toutes les victimes, de tous les attentats terroristes, quel que soit le support choisi qui puisse répondre aux attentes des familles et des proches.

  9. Offrir aux visiteurs un espace de recueillement au sein du Musée-mémorial qui prendrait la forme d’un jardin du souvenir.

  10. Inciter le Musée-mémorial à travailler en réseau, avec des lieux de mémoire des attentats qui verront le jour en France, ou qui existent déjà en Europe et dans le monde.

  11. Se concerter avec les associations de victimes et d’aide aux victimes, de manière très régulière, tout au long de l’élaboration du projet de création du Musée-mémorial.

  12. Privilégier l’Établissement Public de Coopération Culturelle à caractère administratif (EPCC) pour la structure juridique du Musée-mémorial.

  13. Étudier la possibilité d’installer ce Musée-mémorial sur l’Ile de la Cité dans les locaux de l’ancien palais de justice de Paris.

  14. Fixer au 11 mars la date commune de commémoration afin de l’inscrire dans une perspective européenne tout en prenant en compte l’ensemble des attentats qui ont touché la France depuis les années 1970.

Le 15 juin 2020, le Président de la République confiait à l'historien Henry Rousso, sur la base de ce rapport, la mission de définir un projet scientifique et culturel et un lieu d’implantation. Le projet scientifique et culturel lui a été remis lors de la Journée nationale d'hommages aux victimes du terrorisme, le 11 mars 2022.

Après l'attentat, la protection civile à Nice, 22 octobre 2017, France 3 Régions © Ina

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Faire face au terrorisme : l’exposition des collégiens et des lycéens
Ouverture de l'exposition : septembre 2022
Le Musée-mémorial du terrorisme et l’École du Louvre initient en coopération avec les ministères de la Justice, de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et de la Culture, un projet d'exposition co-construite avec 14 classes de collèges et de lycées, ayant pour titre : "Faire face au terrorisme".
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Françoise Rudetzki, le combat d’une vie

Communiqué

Françoise Rudetzki, figure de proue de la cause des victimes du terrorisme, est décédée mercredi 18 mai. Elle est à l’origine de nombreux combats en faveur de la reconnaissance du statut de victimes du terrorisme et de leur prise en charge. Son action en faveur de la mémoire, de la justice et de la démocratie est immense.