Dans le cadre de l’élaboration de l’exposition permanente du Musée-mémorial du terrorisme et du concours architectural et scénographique à venir, le GIP-MMT a confié à la société In Extenso TCH la conduite d'une étude quantitative et qualitative des publics. Deux focus groupes ont été organisés les 8 et 9 avril, réunissant au total 28 participants plus ou moins familiers de la thématique et des établissements culturels. Les sessions, introduites par Henry Rousso, président de la mission de préfiguration, ont exploré cinq thématiques : les contenus de l’exposition permanente, les partis-pris scénographiques, les activités et animations attendues pour la programmation culturelle, l'ambiance des différents espaces du musée et, enfin, la communication avant et après l’ouverture.
Sur le fond, les participants ont convergé sur plusieurs points essentiels. La nécessité de définir clairement le terrorisme en introduction du parcours est apparue comme un prérequis partagé, de même que la place centrale accordée aux témoignages des victimes et l'importance d'une approche accessible aux jeunes publics. La question de l'équilibre entre dimension pédagogique et recours à l'émotion a traversé l'ensemble des échanges : les participants souhaitent un lieu qui touche sans choquer, qui contextualise sans surexposer. La crainte d'un propos francocentré a également été exprimée, soulignant l'attente d'un traitement du terrorisme dans une perspective internationale.
Sur la scénographie, les dispositifs de témoignage (audiovisuel en particulier) sont préférés en raison de l'émotion et de la proximité qu'ils permettent de créer avec les victimes. Les cartes et documents iconographiques ont également été fortement plébiscités pour leur capacité à contextualiser les évènements. La question des objets a suscité des débats : si certains y voient un vecteur d'émotion indispensable, d'autres mettent en garde contre le risque de voyeurisme et de sensationnalisme. Les participants ont également exprimé l'intérêt d'œuvres d'art ou d'installations pour offrir une forme de mise à distance et d'élaboration symbolique.
Parmi les activités souhaitées, les conférences et rencontres avec des victimes, des experts, des primo-intervenants arrivent en tête suivies des expositions temporaires. Les participants ont également souligné l'importance d'espaces de service sobres et chaleureux, pensés comme des sas de décompression et de dialogue, et d'une librairie-boutique proposant divers ouvrages plutôt que des produits dérivés.
Ces échanges constituent une contribution précieuse à la réflexion en cours sur le projet. Leurs enseignements alimenteront directement la mise à jour du programme scientifique et culturel ainsi que la préparation du concours architectural et scénographique prévu à l'automne. Dans cette continuité, le GIP‑MMT reconduira cette démarche participative en associant de nouveaux participants d’ici la fin de l’année 2026.

