21 octobre 2024
Nous avons été particulièrement émus et tristes en apprenant que Simon Fieschi nous a quittés. Toute l’équipe de la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme adresse ses plus sincères condoléances à sa famille ainsi qu’à ses collègues de Charlie Hebdo.
Les souvenirs liés à Simon Fieschi sont très nombreux et empreints de sa personnalité si attachante, de son regard si exigeant, de ses silences parfois plus évocateurs que n’importe quelle parole, de sa capacité d’écoute, de sa passion pour l’histoire qui suscitait des moments exceptionnels de dialogue entre nous.
Simon était un esprit curieux, aigu, tenace sur ses positions. Avec Françoise Rudetzki dont il était si proche, ils avaient tous deux beaucoup d’attachement pour le projet du Musée-mémorial. Nos discussions étaient animées avec des points de vue contrastés. Tous deux appartenaient à l’Observatoire d’orientation, qui réunit notamment toutes les associations de victimes sous la présidence de François Molins. Simon y a pris part comme « survivant », terme qu’il préférait à celui de « victime ». Il l’a fait aussi parce qu’il était passionné d’histoire. Nous avons ainsi noué un dialogue sur la dimension historique du MMT, sur les manières de dire et d’exposer les choses, sur les contenus qui devaient ou non figurer dans le futur musée.
Françoise Rudetzki et Simon Fieschi, auxquels nous associons la mémoire de Samuel Sandler, lui aussi membre de notre Observatoire d'orientation, nous ont tous trois récemment quittés. Nous vivons leur absence en essayant de garder la mémoire de ce qu’ils étaient au plus profond de leur être, nous savons ce qu’ils nous ont donné qui demeurera à jamais irremplaçable.
Les 17 et 18 février 2026, la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme (MMT) a réuni à Paris les directeurs du Musée du 11-Septembre à New York (Etats-Unis), du Centre du 22 juillet à Oslo (Norvège), du Oklahoma City National Memorial & Museum (Etats-Unis) et du Centre de la mémoire des victimes du terrorisme à Vitoria-Gasteiz (Espagne), ainsi que des associations françaises de victimes. Ces deux journées ont alterné immersion dans les lieux de mémoire parisiens et échanges approfondis sur les enjeux fondamentaux de nos institutions.