photographie de la barre de témoin de la salle des Grands Procès

L'ACTUALITE DU MUSEE

Démantèlement de la salle des Grands Procès

Du palais de Justice au Musée-mémorial du terrorisme, itinéraire d’une mémoire en partage de la salle dite « des Grands Procès » 

Le Musée-mémorial se prépare à recueillir un ensemble d’éléments symboliques, présents dans la salle dite « des Grands Procès ». Un temps fort de la constitution de ses collections, que nous vous invitons à découvrir.

La salle dite « des Grands Procès »

Une salle hors norme

Le 8 septembre 2021 s’ouvrait le procès des attentats du 13 novembre 2015, dit « V13 » au cours desquels 130 personnes furent assassinées.

Le nombre exceptionnel de parties civiles (1765), d’accusés (14), et d’avocats (plus de 330), la nécessité d’offrir les meilleures conditions possibles à la bonne tenue des débats, l’exigence de sécurité et l’importante couverture médiatique attendue, a conduit à la construction d’une salle d’audience spéciale.

La salle dite « des Grands Procès » est alors aménagée : 750m2 au cœur de l’ancien palais de Justice de Paris, sur l’Île de la Cité, classé au titre des monuments historiques. Ses 550 places assises en font l’une des plus grandes salles d’audience au monde.

Conçue pour être démontée

La salle a été construite provisoirement dans l’une des parties les plus anciennes du palais. Son démontage, déjà reporté une première fois, doit commencer le 1er mars 2025 sera effectif au 1er septembre 2025. Cette salle aura permis la tenue depuis 2021, outre le V13, de 13 autres procès, principalement pour terrorisme, parmi lesquels les procès en première instance et en appel de l’attentat du 14 juillet à Nice, des attentats de Trèbes et Carcassonne, de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg, de Peter Cherif ou encore le récent procès de l’assassinat de Samuel Paty.

A présent, d’importants travaux de réhabilitation du site attendent le palais, pour une mise aux normes et l’exploitation de nouveaux espaces.

Conserver et valoriser, une mémoire à transmettre

Un comité mémoriel constitué

Depuis plusieurs mois, le GIP est associé à la mise en place d’un comité mémoriel, organisé par la cour d’appel de Paris. En conviant la mission de préfiguration à prendre part aux échanges, le ministère de la Justice a ainsi réitéré son engagement en faveur du projet. Les membres se sont réunis plusieurs fois afin de concevoir le démontage et réfléchir au réemploi du mobilier. Chaque partie s’est prononcée en faveur de la conservation et de la transmission de la trace de ces procès historiques dans la mémoire collective.

Le MMT, en tant que musée d’histoire et de société, et dans les missions qui lui sont attribuées – notamment la conservation, la recherche et la valorisation en vue de la compréhension du phénomène terroriste dans son ensemble –, est apparu comme l’institution la plus à même de conserver une partie significative de ce patrimoine hautement symbolique.

Pour préserver vivante la mémoire au MMT

C’est en ce sens que certains éléments de la salle, tels que le panneau de lettres lumineuses « Salle d’audience », le panneau mural orné de la balance de la Justice, la barre des témoins ainsi que 5 bancs, intègreront prochainement les collections du Musée-mémorial.

Afin de matérialiser cette salle emblématique auprès du visiteur, quelques-uns de ces éléments mobiliers seront donnés à voir dans un espace dédié aux procès et présentant l’histoire du terrorisme sur le temps long. A l’appui d’objets de collections et de supports de médiations, le visiteur pourra « assister » à plusieurs procès pour terrorisme, en faisant symboliquement l’expérience de la salle d’audience. Il saisira la pleine mesure de ce qu’a été cette salle pour l’ensemble des acteurs et l’institution judiciaire, découvrira l’organisation et la spécificité des procès pour terrorisme et percevra la place de plus en plus importante accordée aux victimes. Pour préserver vivante la mémoire des procès qui se sont tenus dans cette salle, le Musée-mémorial proposera au visiteur la possibilité – inédite jusqu’à présent – de visionner des extraits filmés de plusieurs procès. Donnant à entendre les différentes voix qui s’expriment, la diversité des expériences vécues et la teneur des débats afin d’aboutir à la manifestation de la vérité, ce dispositif sera un des moments fort de la visite. L’ensemble fournira des clés de compréhension essentielles pour décrypter ces procès et en saisir les enjeux.

A partir du 1er mars, le GIP sera ainsi dépositaire de ces éléments symboliques qui complèteront les collections, et notamment le fond de dessins d’audience de Noëlle Herrenschmidt, aquarelliste reporter, acquis en 2023. Dans ces lieux où les photographies sont interdites, les dessins rendent palpable l’atmosphère et l’émotion partagées pendant les audiences. Ils donnent à voir ces instants d’humanité, qui autrement, n’auraient pu être relatés.

Une partie de ces objets porteurs de mémoire sera à retrouver dès l’ouverture du MMT, dans l’exposition permanente.

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