Gilet pare-balle,
Bouclier balistique,
Casque d'intervention,
Emetteur-récepteur sous scellé de justice.
Les collections du futur Musée-mémorial du terrorisme sont composées majoritairement de scellés judiciaires provenant d’affaires définitivement jugées en matière de terrorisme. Grâce à un partenariat avec les juridictions parisiennes (tribunal judiciaire et cour d’appel) compétentes pour juger les auteurs d’attentats, plus de 1200 pièces à convictions ont ainsi déjà été remises. Ce flux va se poursuivre dans les mois à venir jusqu’à l’ouverture en 2027. Eléments de preuve, saisis en vue de la manifestation de la vérité durant l’enquête pénale et confisqués lors du procès, les scellés devaient être détruits n’ayant plus d’utilité pour l’activité judiciaire. Le MMT leur donne une seconde vie dans une démarche patrimoniale inédite.
Parmi ces scellés, se trouvent notamment un gilet pare-balle, un bouclier balistique, un casque d’intervention et un émetteur-récepteur qui ont été utilisés par le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion) lors de son intervention à Toulouse, le 21 mars 2012, suite aux attaques de Toulouse et Montauban perpétrées par Mohamed Merah. Ces objets sont issus des scellés constitués dans le cadre de la procédure judiciaire intentée contre les complices de Mohammed Merah.
Au cours de l’assaut, qui a duré 32 heures, pour arrêter l’auteur des attentats, cinq opérateurs du RAID ont été blessés par le terroriste à trois moments différents, dès sa mise en place de l’équipe derrière la porte jusqu’aux derniers échanges de tirs.
Dès les premières minutes de la progression de la colonne d’assaut, à 3h12 du matin, les tirs nourris de Mohamed Merah forment trois impacts sur le bouclier et un opérateur du RAID reçoit deux projectiles à l’abdomen. Les zones d’impact ont été soulignées pendant l’enquête par la mise en place d’une pastille rouge qui permet de les visualiser plus facilement sur les prises de vue. Pendant le retrait, un membre de la colonne reçoit un projectile dans sa genouillère. Autour de 05h10, l’opérateur chargé de l’effraction se découvre brièvement et est touché en plein dans son casque. L’arme utilisée et la faible distance entre le tireur et sa cible ont créé un impressionnant trou dans le casque, bien que le kevlar utilisé pour le casque soit censé stopper la course des munitions.
Le talkie-walkie présent dans les collections permet d’attirer l’attention sur le rôle primordial de la négociation dans ce genre d’affaire.
Le jeudi 29 janvier 2026, les équipes de la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme ont accompagné les membres du Conseil scientifique et culturel ainsi que ceux de l'Observatoire d'orientation et certains représentants des ministères membres fondateurs du GIP sur le site du futur Musée-mémorial du terrorisme qui s’installera à l’horizon 2030 dans une partie inoccupée de la caserne Lourcine, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. Cette visite fait suite à l'annonce du président de la République en novembre 2025, qui a officialisé le choix de ce lieu emblématique pour accueillir le futur établissement.