Les tournesols

Mostafa, un exemple d’art-thérapie

Mostafa, un exemple d’art-thérapie

Mostafa était chauffeur de taxi, à Strasbourg. Le soir du 11 décembre 2018, le terroriste qui vient de tuer plusieurs personnes sur le marché de Noel de Strasbourg monte dans sa voiture et le prend en otage. Nous présentons ici la situation qu’il a vécue dans l’après-coup de cet événement à partir d’un entretien qu'il a donné à la mission.

Atteint d’un syndrome de stress post traumatique, il refuse dans un premier temps de se soigner, ni même de consulter, car il considère – à tort, il le reconnait lui-même maintenant – que tout cela « c’est pour les fous » et lui, ne l’est pas. Mais il ne dort plus, dit-il, s’enferme dans le désespoir, revivant constamment le parcours effectué sous la contrainte du terroriste. Lui qui avait « une famille aimante, une société florissante, une belle maison », n’a plus gout à rien. Si le terroriste ne l’a pas tué ce soir-là, « il le tue à petit feu », car du jour au lendemain tout a basculé.

Puis, à force de revivre, dans sa tête, cette tragique soirée, il a commencé selon ses termes à « gribouiller » ses souvenirs, ses ressentis, d’abord uniquement en noir et blanc. Ses dessins, qui au fil du temps ont évolués lui ont ouvert le chemin vers une guérison. Il a aussi éprouvé le besoin d’écrire, de raconter ce qu’il avait vécu, de tenter de se réconcilier avec lui-même, avec sa famille, avec la vie tout simplement. Ces écrits sont d’ailleurs rassemblés dans un livre qui va bientôt paraître aux éditions Plon.

L’art a permis à Mostafa d’avancer sur le chemin de la guérison et de la résilience. Il continue encore à dessiner et à peindre, mais ses dessins sont plus optimistes. Il est passé à la couleur comme le montre son dernier tableau, reproduit ici, qui représente des tournesols lui rappelant les champs dans lesquels il jouait, dans son enfance. Toutefois, s’il est plus apaisé, certains événements lui rappellent encore de manière très vive, le traumatisme de ce soir de décembre 2018. Il ressent alors le besoin de dessiner, « quel que soit le moment de la journée ou de la nuit ». Il prend alors un petit carnet, qu’il a toujours à portée de main et il y jette quelques idées sur lesquelles il reviendra plus tard, quand il en ressentira l’envie ou le besoin. A cet instant, il pourra alors se mettre à son chevalet, pendant plusieurs heures d’affilée, comme une thérapie. Actuellement, il travaille à une œuvre en hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard, deux professeurs victimes du terrorisme.

L’art a été la bouée de sauvetage de Mostafa, c’est désormais son principal chemin vers une vie aussi normale que possible.
 

Les tournesols
Tournesols, peinture de Mostafa S.
Peinture de Mostafa S
Peinture de Mostafa S.
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