guitare

L'objet du mois

Guitare inachevée réalisée par Romain Naufle
Bois divers et métal
Don de Doriane, Patricia et Bernard Naufle
 

Ses clients se souviennent de son sourire et de sa passion des guitares. Romain Naufle exerçait la profession de luthier, au sein de sa boutique Eponyme Guitare, située rue des Gâtines dans le 20e arrondissement de Paris. C’est ainsi qu’au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, Romain laisse derrière lui, dans son atelier, plusieurs guitares inachevées. Sa famille a choisi de donner au Musée-mémorial du terrorisme celle qui était la moins avancée dans sa fabrication,

Souvenir du travail manuel du jeune homme, l’assemblage de l’ébène du manche à une autre essence non encore identifiée, ainsi qu’une inscription gravée sur la caisse (sans doute de la main de Romain) indiquant « BAS ». La guitare ne se reconnaît que par la forme, aucun mécanisme de son n’ayant été mis en place. Bien qu’inachevé, l’instrument est néanmoins révélateur de l’artisanat de Romain.
Par l’histoire de son créateur, cette guitare devient porteuse d’un sens puissant : la passion de la musique, l’évocation du son et de la vie, son caractère inachevé rendant visible la main de son créateur. Cette passion de la musique, et des métiers manuels plus généralement, traverse toute la famille Naufle ; sa sœur Doriane est ainsi elle-même musicienne, et a réalisé le design de la carte de visite de la boutique de Romain.

Objet de mémoire faisant écho à la profession et à la passion de Romain, cette guitare fait désormais partie des collections du Musée-mémorial du terrorisme. Loin d’être un objet inerte et vidé de sa substance, le destin de son fabricant lui confère une valeur supplémentaire, une symbolique retentissante, celle du son et de la vie, de la musique et du mouvement. Ainsi, une ébauche de guitare prend une résonance nouvelle et devient porteuse d’un sens nouveau, celui de la vie.

Plus encore qu’un hommage au métier de Romain, cette guitare est l’évocation directe, le médium privilégié d’une production musicale particulièrement présente dans les hommages pour les victimes du 13 novembre 2015. Cette musique, c’est celle qui traverse l’histoire de la vie de Romain, de sa passion des guitares qu’il fabrique, des sons d’un concert de rock dans la salle du Bataclan jusqu’aux hommages musicaux. Cette prégnance de la musique dans les actes de commémorations rend ainsi vrais les mots de Novalis : « La musique possède un pouvoir de résilience puisqu'elle peut faire revenir une émotion passée et en permettre le remaniement par la maîtrise du chant et des souvenirs associés ».

image d'une guitare en cours de fabrication

©GIP MMT


 

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