Le 22 janvier 2025, le général Philippe Boutinaud s’est rendu dans les locaux de la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme afin de faire don à l’institution d’un élément significatif de l’uniforme porté par ce dernier le soir des attentats du 13 novembre 2015 : son képi de général de brigade.
Le soir du 13 novembre 2015, Philippe Boutinaud se rendait, en civil, au match de football qui opposait alors la France et l’Allemagne. Averti des fusillades ayant cours dans les rues de Paris, et après être sorti du stade au moment de la seconde explosion, le brigadier a rapidement rejoint la brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), dont il était alors le Commandant. Il a coordonné ce soir-là le travail de 430 pompiers afin d’apporter les premiers soins à des centaines de blessés, répartis entre les divers lieux touchés de la capitale ; un travail de sauvetage efficace qui a permis de transférer rapidement les blessés dans divers hôpitaux parisiens, sauvant ainsi de nombreuses vies.
L’élément clef de son uniforme est un képi rigide entièrement bleu marine (aussi bien au niveau du bandeau que du calot), arborant sur le devant deux étoiles argentées et une passementerie dorée. Le modèle de képi en vigueur aujourd’hui dans l’armée française dérive du modèle daté de 1919. Ce dernier avait déjà vu la hauteur du bandeau s’accroître sensiblement, comparé au modèle de 1884 (dit « foulard ») de la Grande Guerre, dissimulant ainsi le turban. En 1931, des modifications sont apportées au modèle de 1919 : d’abord, l’ajout de bandalium, puis de plastique à partir des années 1950, permettant ainsi de rigidifier le bandeau ; enfin, une jugulaire brodée est adoptée pour les officiers généraux.
Cet accessoire d’uniforme rappelle ainsi le grade qui était celui du général Boutinaud, qui occupait alors la fonction de commandant de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris le soir des attentats. Intervenu dans le documentaire chronologique Fluctuat Nec Mergitur réalisé par les frères Jules et Gédéon Naudet, le général Boutinaud y détaille chaque moment de cette soirée et plonge le spectateur dans l’atmosphère d’une brigade confrontée à un attentat de masse sur le sol français. Lors du don de son képi, Philippe Boutinaud, devenu depuis général de division et retraité de ses fonctions de chef de la BSPP, a largement rappelé le courage et le professionnalisme de ses équipes le soir de ce qui fut, selon ses mots, la plus grosse opération de secours que la BSPP ait eu à traiter depuis les attentats des années 1980. Dans son article « Les secours face au terrorisme de masse : l’adaptation de la BSPP à la menace », publié dans la revue Défense nationale, le général évoque notamment la recherche d’efficacité et d’adaptabilité face à l’évolution de la menace terroriste, faisant de la BSPP l’un des corps de sapeurs-pompiers les plus reconnus au monde.
De façon plus générale, ce sujet met en avant l’importance de l’ensemble des primo-intervenants susceptibles d’agir sur des sites d’immédiat post-attentat. Une section du futur parcours permanent y sera consacrée.
Le jeudi 29 janvier 2026, les équipes de la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme ont accompagné les membres du Conseil scientifique et culturel ainsi que ceux de l'Observatoire d'orientation et certains représentants des ministères membres fondateurs du GIP sur le site du futur Musée-mémorial du terrorisme qui s’installera à l’horizon 2030 dans une partie inoccupée de la caserne Lourcine, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris. Cette visite fait suite à l'annonce du président de la République en novembre 2025, qui a officialisé le choix de ce lieu emblématique pour accueillir le futur établissement.