Fin novembre 2025, les équipes du MMT ont eu le plaisir de présenter la mission et les collections du musée aux élèves de Terminale HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques) du lycée français de Madrid, accompagnés de leurs enseignants, dans le cadre d’un voyage scolaire à Paris. Après la visite du jardin du 13-Novembre, situé derrière l’Hôtel de Ville, les élèves ont été accueillis dans une salle de classe du lycée Louis-le-Grand.
La rencontre s’est d’abord articulée autour d’un échange avec deux historiens du MMT : Henry Rousso, président de la mission de préfiguration, et Lancelot Arzel, responsable du pôle pédagogique. Ces discussions ont permis d’interroger le sens et les enjeux d’un Musée-Mémorial, d’analyser les réactions des sociétés face au terrorisme et de réfléchir à la place accordée aux victimes dans un dispositif muséal de ce type. Les élèves ont ainsi pu débattre des définitions du terrorisme, découvrir les musées consacrés à ce phénomène à travers le monde (Mémorial et musée national du 11 septembre à New York, Mémorial national d’Oklahoma City, 22 July Centre à Oslo, Centro memorial de las victimas del terrorismo de Vitoria-Gasteiz en Espagne) et s’interroger sur le rôle de la justice face aux actes terroristes.
Dans un second temps, la chargée des collections, Claire Lartigue, accompagnée de sa stagiaire Julie Sidrot, a présenté une sélection d’objets issus des collections du MMT : scellés judiciaires liés au terrorisme d’extrême droite et à des attentats aériens (DC10 d’UTA), dons de victimes des attentats du 13-Novembre (téléphone portable, sacs), ainsi que des objets du quotidien, comme une boîte d’allumettes comportant un avis de recherche contre Oussama Ben Laden. Cette présentation a permis de retracer la « vie sociale » de ces objets et de comprendre comment ils donnent à voir la violence terroriste, les traumatismes des victimes et l’inscription des mémoires du terrorisme dans la société.
Cette rencontre a nourri plusieurs thématiques du programme de Terminale HGGSP. La réflexion sur le terrorisme et sa muséographie éclaire notamment les relations complexes entre « histoire et mémoires » (thème 3), ainsi que le rôle des procès, en particulier ceux des années 2020, dans la construction des mémoires du terrorisme. Elle permet également de mieux appréhender les contextes politiques, sociaux et géopolitiques du terrorisme djihadiste des années 2000-2020 — la « guerre de vingt ans » selon Marc Hecker et Élie Tenenbaum — en lien avec le thème 2 : « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution ».
Les échanges avec des élèves scolarisés à Madrid ont par ailleurs ouvert une réflexion sur le poids du terrorisme dans l’histoire contemporaine de l’Espagne, en particulier autour des violences menées entre les années 1960 et 2000 par l’organisation indépendantiste basque ETA et par les Groupes antiterroristes de libération (GAL), et dont témoigne le succès du roman de Fernando Aramburu, Patria (2016), adapté en mini-série par HBO. Ces mémoires, encore profondément traumatiques au sein de la société espagnole et dans le Pays basque, ont notamment été analysées dans le Rapport Foronda de l’historien Raúl López Romo.
Dans le cadre de leur visite, les élèves du lycée français de Madrid ont restitué leur expérience parisienne dans un carnet de voyage illustré de photographies et de témoignages personnels.
D’ici à l’ouverture du MMT à l’horizon 2030, le pôle pédagogique poursuit l’organisation de rencontres et de projets avec des collégiens et des lycéens de toutes filières, et participe à la formation des enseignants sur l’histoire du terrorisme et ses mémoires.
Pour tout renseignement : lancelot.arzel@memorial-terrorisme.fr
Les 17 et 18 février 2026, la mission de préfiguration du Musée-mémorial du terrorisme (MMT) a réuni à Paris les directeurs du Musée du 11-Septembre à New York (Etats-Unis), du Centre du 22 juillet à Oslo (Norvège), du Oklahoma City National Memorial & Museum (Etats-Unis) et du Centre de la mémoire des victimes du terrorisme à Vitoria-Gasteiz (Espagne), ainsi que des associations françaises de victimes. Ces deux journées ont alterné immersion dans les lieux de mémoire parisiens et échanges approfondis sur les enjeux fondamentaux de nos institutions.