

Témoignages de donateurs
Chaque objet qui rejoint les collections du Musée-mémorial du terrorisme porte une histoire, une mémoire, un attachement. Derrière chaque don se cache un geste généreux : celui de transmettre un fragment de patrimoine pour qu'il continue à vivre, à être conservé et partagé avec le plus grand nombre. Sur cette page, nous avons souhaité donner la parole à celles et ceux qui ont franchi ce pas. À travers leurs témoignages, écrits ou filmés, ils reviennent sur la valeur mémorielle et affective de ces objets. Autant de récits qui illustrent la richesse des liens qui unissent le musée à celles et ceux qui, par leur générosité, contribuent à écrire son histoire.
Guillaume Denoix de Saint Marc, président d el'Association des familles de victimes du DC10 d'UTA, fait don au Musée-mémorial du terrorisme d'objets provenant de l'attentat qui a fait 170 victimes, le 19 septembre 1989.
Nadia Mondeguer fait don au Musée-mémorial du terrorisme d'un portrait de sa fille Lamia, victime des attentats du 13 novembre 2015, réalisé par l'artiste Akhine-Alex.
Grégory fait don au Musée-mémorial du terrorisme de la sacoche qu'il portait le vendredi 13 novembre 2015 au Bataclan.
« Cette sacoche représente la preuve de ma présence sur les lieux et plus précisément dans le couloir de la prise d'otages où je l'ai gardée jusqu'à ce qu'un des 2 terroristes me la prenne pour la fouiller. Les semaines d'après, j'ai eu beaucoup de mal à m'inclure dans l'événement si bien que je le racontais avec beaucoup de distance. J'ai commencé à me demander si j'avais bien vécu tout ça... alors quand les policiers m'ont appelé pour me dire qu'ils avaient retrouvés ma sacoche (elle contentait notamment des CVs et mon chéquier, ce qui a permis de remonter jusqu’à moi), ça été un « ouf... je ne rêve pas. Ce que j'ai vécu est bien réel ».
Après l'avoir récupérée, je l'ai rapidement rangée dans mon débarras. Je ne l'ai sorti que 2 ou 3 fois pour des journalistes ou pour la famille. Elle serait restée dans ce coin à jamais. Alors quand j'ai appris que le Musée-mémorial du terrorisme était à la recherche de pièces, je me suis dit qu'elle pourrait être un témoignage de la violence de l'assaut (surtout avec la pochette rouge noircie pas les explosions). En quittant les locaux du MMT, le jour où je l'ai remise à l’équipe en charge des collections, j'ai su qu'elle y serait désormais à sa place, exposée ou non, mais conservée entre les mains des personnes qui font vivre les témoignages de victimes du terrorisme.
On m'a montré quelques dons, cela fait froid dans le dos. On ne peut que s'imaginer le calvaire vécu par ce pilote lors de la prise d’otage de Marignane juste en regardant ce costume. Je ne sais pas si ma sacoche procura cette même sensation à celles et ceux qui la verront, que ce que j'ai ressenti devant ce costume de pilote de ligne. Mais je suis persuadé qu'elle est là où elle doit être aujourd'hui. »

Margaux Thomas fait don au Musée-mémorial du terrorisme du jeu "Démox, la vérité en jeu" conçu avec ses élèves de Première Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences politiques (HGGSP) au cours de l'année scolaire 2022-2023.
"Réalisé dans le cadre du Prix Samuel Paty, notre jeu de plateau a une grande valeur à mes yeux tout comme il doit en avoir une pour tous les élèves ayant participés au projet. Intitulé "Démox, la vérité en jeu" il avait pour objectif de questionner les dangers des infox dans notre société contemporaine. Le nom de ce prix en a fait, à mes yeux, une réalisation qui dépassait bien évidemment le cadre pédagogique. Les élèves et moi-même voyons en cet objet un symbole de notre engagement, de l'émotion que nous avons pu ressentir lors de la cérémonie. A cette cérémonie où la famille de Samuel Paty était présente, nous nous sommes rendus compte de la portée du projet que nous avions pu mener depuis plusieurs mois. Au-delà de l'aspect réflexif du sujet, il rendait hommage à un enseignant, une personne qui n'aurait jamais dû perdre la vie dans de telles circonstances.
J'ai décidé d'en faire don au MMT pour montrer que le nom de Samuel Paty ne tomberait jamais dans l'oubli. Je souhaitais également mettre en lumière le travail des élèves. Un travail dont j'ai été très fière et qui m'inspire encore énormément de fierté plusieurs années après. Les élèves et moi-même avons été portés par ce projet, d'un prix qui dans l'absolu n'aurait jamais dû exister."
