
Etude Ifop
Une étude publiée le 8 septembre 2026 par l'Ifop, réalisée pour l'Observatoire B2V des Mémoires, confirme la place singulière qu'occupent les attentats du 11 septembre 2001 dans la mémoire collective française, un quart de siècle après les faits. Menée en ligne les 25 et 26 août 2026 auprès d'un échantillon représentatif de 1 507 personnes de 18 ans et plus, l'enquête mesure à la fois la hiérarchie mémorielle des grands événements du XXIe siècle et les mécanismes propres au souvenir du 11-Septembre : ce qui en est retenu, comment il a été appris, et comment il continue de se transmettre.
Interrogés sur les trois événements internationaux les plus marquants depuis l'an 2000, les Français placent la pandémie de Covid-19 en tête (53% de citations), suivie des attentats du 11 septembre 2001 (40%). Les deux événements devancent très largement le reste du classement. Autour du 11-Septembre se regroupe un ensemble cohérent structuré par le terrorisme et les conflits du Proche et du Moyen-Orient : la montée de Daesh et les attentats qui lui sont liés (19%), puis l'attaque du 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza (12%). La guerre en Ukraine (24%) complète ce tableau dominé par les conflits, tandis que le dérèglement climatique (25%) est la seule crise de long terme à atteindre un niveau comparable.
L'étude souligne que cette place, acquise sans expérience directe des faits par les Français, l'événement n'a été vécu qu'à travers les écrans, doit sans doute aussi aux attentats survenus en France et aux cycles de réactivation mémorielle qu'ont constitués les procès et les commémorations décennales.
La perception de l'importance du 11-Septembre varie peu selon l'âge : la génération X (49%, qui avait entre 20 et 35 ans en 2001) se montre la plus sensible à l'événement, devant les millennials (41%), les boomers et la génération Z (34% chacun). Même les 18-24 ans, nés après les faits, le citent dans une proportion proche de la moyenne (36%).
85% des Français de 25 ans et plus déclarent avoir appris les attentats le jour même, 59% en direct, au moment où ils se déroulaient. La télévision demeure, de loin, le canal de ce souvenir (57%), tandis qu'Internet n'y tient presque aucune place (2% pour les sites et médias en ligne, 1% pour les réseaux sociaux). Pour les générations qui n'ont pas connu l'événement, la transmission s'opère différemment : chez les 18-24 ans, l'école (27%) et l'entourage (23%) devancent la télévision (19%).
Invités à citer spontanément les lieux concernés, 74% des Français mentionnent New York ou le World Trade Center, 60% nommant explicitement les tours jumelles ou Ground Zero. Washington et le Pentagone ne sont cités qu'à 25%, la Pennsylvanie et le vol 93 par seulement 3% des répondants. L'étude relève par ailleurs qu'une confusion résiduelle (5%) associe le 11-Septembre aux attentats du 13 novembre 2015 survenus en France.
Sur les causes des attentats, la grille de lecture dominante reste celle du terrorisme et de l'islamisme, mobilisée par 46% des répondants. Les explications géopolitiques (politique étrangère américaine, conflits au Moyen-Orient) sont citées par 15% des Français. Les thèses complotistes ne recueillent que 1% de citations, un niveau très inférieur à celui observé aux États-Unis.
Enfin, dans la hiérarchie des conséquences perçues, la dimension humaine domine : le bilan des victimes et le choc psychologique arrivent en tête (30%), devant la peur et le sentiment d'insécurité (17%). Les guerres et interventions militaires qui ont suivi les attentats ne sont mentionnées que par 16% des Français.
Méthodologie : enquête Ifop pour l'Observatoire B2V des Mémoires, réalisée en ligne les 25 et 26 août 2026 auprès d'un échantillon de 1 507 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas, stratification par région et catégorie d'agglomération).
Source : Ifop Group, « Les Français et la mémoire du 11 septembre 2001 », 8 septembre 2026.